Lorsqu’on commence on a hâte d’avoir des propositions de projets, on s’imagine négocier, on galère à faire notre devis, on y passe des heures… On s’imagine déjà dire « oui » et enfin commencer à avancer, à avoir des clients, travailler sur des projets, avoir des deadlines. C’est chouette, c’est motivant, mais il faut tout de même faire très attention à ne pas dire oui à tout et n’importe quoi juste parce qu’on a besoin de projets. Il faut apprendre à dire non à un projet !

Vous allez me dire que c’est contradictoire parce qu’il faut bien commencer quelque part et que les factures elles n’attendront pas que le compte en banque soit rempli pour arriver. Certes, mais les clients amènent les clients, ainsi si vous accepter n’importe quel projet vous serez vite étiqueté pour ce type de projets.

Par exemple : Vous êtes graphiste et faites des logos. Vous vous lancez tout juste en freelance, vous avez peu (en agence, mais avec le NDA signé vous ne pouvez pas parler des beaux clients pour lesquels vous avez travaillé) ou pas encore de projets à présenter, et là, youpi, un prospect vous demande un devis. Le projet est chouette, mais le prospect essaie de négocier. Vous êtes emballé par le projet, vous avez un peu envie de les aider parce qu’il s’agit d’une start-up, qu’ils n’ont pas beaucoup de budget, vous avec envie d’être sympa, et puis bon… vous avez besoin de pouvoir communiquer sur des projets. Du coup vous acceptez de négocier, enfin disons plutôt que vous acceptez son prix ridicule, principalement parce que vous avez envie de pouvoir enfin parler d’un projet !
Je passe les détails de la prestation où finalement vous allez peut-être probablement sûrement passer 10 fois plus de temps que prévu sur ce projet, qu’en fait vous avez fait un logo qui leur plait mais pour lequel vous n’avez pas vraiment une fierté énorme…
Le client est finalement content, il vous fait une belle recommandation sur LinkedIn, votre site, un peu partout.

Et ce même scénario recommence une seconde fois, puisque ce nouveau client est venu vers vous via la recommandation du précédent. Alors c’est super d’avoir été recommandé, mais vous ne pouvez pas changer les tarifs pour ce client puisqu’il les connait déjà et s’attend à avoir les mêmes. Voilà, c’est le début de la fin.

Je présente ce scénario un peu négativement, car disons qu’il faut faire attention aux projets que l’on prend, car ils nous définissent. Même si l’on veut véhiculer une image, on la véhicule surtout par de nombreux biais : le bouche-à-oreille des clients,

Alors on commence alors à se recentrer, réfléchir sur le type de clients avec lesquels on veut travailler : agences ? annonceurs ? professionnels ? non professionnels ? Peut-être créer des offres dédiés selon la cible, les projets ?

Dire non c’est également très important pour d’autres raisons !

On peut dire non à un projet parce qu’on n’aime pas le sujet ou le domaine. On ne le sent pas, c’est touchy, bizarre, on ne s’y sent pas à l’aise.

Il y a des sujets qui ne nous intéressent tout simplement pas. Moi par exemple un projet concernant le football ne m’intéressera pas du tout ! Je le refuserai forcément. Je proposerai de publier ou relayer une annonce pour aider ce prospect à trouver la bonne personne, mais je ne pourrais pas travailler pour ce type de client.
Je pense vraiment qu’il faut être séduit par le projet, l’univers du client pour pouvoir l’aider. Dans ce cas là c’est même une preuve de professionnalisme de dire qu’on n’est pas qualifié pour l’accompagner, c’est alors le moment de faire marcher son réseau pour l’aider à trouver la personne adéquate.

On peut dire non à un projet parce qu’il va à l’encontre de nos principes.

Par exemple, j’ai été contactée il y a deux ans par une entreprise qui vendait des fringues de luxe. Enfin qui lançait sa marque de fringues se voulait de luxe « français ». Cette femme souhaitait une communication « trendy », « luxueuse », mais le brief résonnait plutôt comme une « communication bullshit », surtout parce qu’elle voulait ouvertement mentir sur la provenance de ses produits. Elle voulait indiquer partout que les habits et les tissus étaient faits en France (expliquant alors leur prix élevé), alors qu’il venait d’ailleurs.
Autant dire que j’ai refusé directement. Plaidant la cause du « no bullshit ».

On peut dire non à un projet parce que le contrat est totalement hors réalité.

Hé oui, beaucoup de projets seront soumis à des NDA (Non Disclosure Agreement). Cela arrive très très souvent ! Cela m’est arrivé il y a peu, où une agence me proposait un projet intéressant pour un gros client, qui me plaisait beaucoup. Une fois qu’on avait validé de travailler ensemble x heures / mois à tel tarif, ils m’ont envoyé un contrat. Sauf que ce contrat était aberrant, il était très fermé. Je n’en avais jamais vu de tel avant. 10 pages, du béton armé. Je n’avais pas le droit de parler du projet pendant 7 ans après avoir terminé la mission, je ne pouvais pas travailler avec d’autres agences sous peine d’une amende très conséquente. Et c’est là que j’ai tilté. J’ai contacté l’agence en leur rappelant que je suis freelance, que je travaille forcément avec d’autres agences. On m’a alors demandé de nommer ces agences et surtout les clients pour lesquels je travaillais. Leur rappelant que j’avais signé des NDA on m’avait dit « oh mais vous pouvez nous le dire », bah non en fait. C’est là tout l’intérêt d’un NDA. J’ai préféré stopper les discussions.

Apprendre à dire non ne se fait pas en quelques mois, mais bien sur la durée. Ce n’est pas évident pour de nombreuses raisons, mais ce n’est pas un luxe que vous vous octroyez, c’est un mal nécessaire !
Et vous, qu’est-ce qui vous ferait dire non à un projet ?

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Un commentaire

  1. Justine

    Chouette article !
    Pour ma part, j’ai déjà dit non pour faire un logo gratuitement contre de la visibilité. Or la visibilité ne garantis pas que j’allais avoir des contrats grâce à elle, ni de clients avec un vrai budget !

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