Au tour d’Hélena, 28 ans, qui vient tout juste de rentrer d’une expatriation aux Etats-Unis : New York et Los Angeles.
Elle nous raconte son aventure.

Prénom : Hélena
Âge : 28 ans
Situation professionnelle : En reconversion professionnelle (reprise d’études pour devenir professeur)
Situation personnelle : en procédure de divorce, enceinte

Expatrié(e) aux USA pendant 1 an à New York et 1 an et demi à Los Angeles.

Comment était ta vie avant l’expatriation ?

Très confortable, entourée d’amis et d’apéro à Paris, vacances au soleil plusieurs fois par an bref la belle vie.

Qu’est-ce qui t’a amené(e) à t’expatrier ?

Avec mon ex mari nous souhaitions vivre à NY, il a trouvé du boulot là-bas.

L’expatriation était quelquechose que tu voulais tenter ?

Oui complètement

Comment se sont passés les préparatifs du déménagement ?

On a entreposé toutes nos affaires chez mes ex beaux-parents, j’ai rendu mon appart et voilà!

Y avait-il des démarches particulières à faire/à prévoir pour ce pays ?

Oui le visa et c’est TRÈS compliqué! On a pu avoir un visa d’un an uniquement.

Peux-tu nous en dire un peu plus concernant les démarches ?

À NY mon ex mari était en J1 et moi en J2 donc. C’est un des visas les plus facile à obtenir. Il est pour les stagiaires/fin d’études mais est aussi beaucoup utilisé pour les employés (même si concrètement c’est pas vraiment autorisé…) on doit passer par un organisme dit « sponsor » qui s’occupe de faire le lien entre nous/l’entreprise/l’USCIS pour les démarches de visa. Cela prend en généralement aux alentours de 2 mois.

Mon 2ème visa était le E2 (employé d’investisseur). Il est de 5 ans. J’ai décidé de ne pas rester les 5 ans car cela devenait compliqué au travail. D’ailleurs quasiment tous les français qui travaillaient avec moi sont partis ou sont en train de le faire. C’est un visa qui est totalement pris en charge par l’employeur. Il s’occupe de tous avec leur avocat (tous les frais compris).

Peux-tu nous dire ce qui t’a le plus sauté aux yeux à ton arrivée dans ce pays ?

La différence de culture. On pense que les USA sont très similaires à la France mais pas du tout c’est complètement une autre culture!

Peux-tu nous parler un peu plus de la culture des USA ?

C’est une culture très superficielle et pas honnête à mes yeux. On te demande 1 000 fois par jour « how are you » mais ils se fichent de la réponse. Ils font toujours plein de compliments juste pour meubler la conversation. Par exemple les personnes qu’on rencontre en soirée sont « amazed » par le fait qu’on soit français et veulent ABSOLUMENT devenir notre meilleur ami mais le lendemain il n’y a plus personne… je ne généralise pas pour tous les USA bien sûr mais en tous cas à New York et Los Angeles j’ai vraiment eu ce ressenti. Avec mes amis j’aime pouvoir parler de politique, d’histoire, d’actualité… et je n’ai pas trouvé cela possible avec des américains. Ce n’est pas « politiquement correct ».

Comment t’es-tu intégrée ?

Pour la langue ce n’était pas un souci car l’anglais est assez facile mais socialement pas du tout. Les américains ne sont pas aussi friendly qu’on peut le penser. En fait ils le sont, mais c’est aucunement sincère et aucune vraie relation amicale ne sera construite derrière ces « OMG we absolutely need to grab a lunch together ». Ça c’est pour New York. À Los Angeles, j’ai fait quelques connaissances mais depuis que je suis partie 0 News… par contre j’avais énormément d’amis français à Los Angeles, c’était vraiment une ambiance géniale.

Comment tu as rencontré cette communauté française

J’ai rencontré la plupart d’entre eux au travail à Los Angeles. J’avais déjà une très bonne amie qui y vivait et ma meilleure amie. Elle et moi, nous étions installées aux USA en même temps et elle est partie 6 mois avant moi.
Nous travaillions pour une marque française donc nous étions beaucoup de français, on adorait aller à la plage en journée, ensemble ou surtout se faire des bons petits apéros.

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu es expat’ ?

J’ai appris à mieux me connaître, savoir ce que je voulais dans la vie.

Comment as-tu réussi à concilier vie perso / expat / vie pro ?

Pour mon année à New York j’étais « la femme de », je n’avais pas le droit de travailler pendant 3 mois. Du coup j’ai fait beaucoup de babysitting pour m’occuper et ramener un peu d’argent. Ensuite à Los Angeles j’avais mon propre visa.

As-tu eu des inquiétudes, des moments de solitude ?

Oui surtout à New York. Quand nous nous sommes installés là-bas j’ai beaucoup douté quant à savoir si c’était la bonne chose à faire.

Quelles étaient tes peurs / envies / projets ?

Peur : d’avoir quitté un trop bon poste à Paris;

Envies : m’épanouir au travail et dans ma nouvelle vie;

Projets : rester aux USA, j’ai pu y arriver mais finalement j’y serais restée seule.

Qu’est-ce qui te manquait le plus de ton pays d’origine ?

La famille et la nourriture. Même si aux USA on peut trouver de la nourriture française, la qualité n’est pas la même et surtout les prix.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas manquer dans ton pays d’adoption ?
– à manger : un bon steak house c’est toujours sympa;
– à boire : les cocktails, les américains sont très forts pour les faire;
– à voir : les parcs nationaux;
– à faire : balade sur la plage entre Venice et Santa Monica;
– à savoir : rajouter entre 25 et 30% sur le prix de chaque élément au resto pour avoir le VRAI prix final.

Quels sont tes conseils pour ceux qui souhaitent s’expatrier de manière générale ou dans ton pays d’adoption ?

Foncez c’est une super expérience ! On ne sait jamais de quoi demain sera fait alors même si c’est pour quelques mois ou pour toute la vie, lancez-vous !
Renseignez vous bien en amont sur la vie locale, les coutumes, le coût de la vie pour être bien préparé. Être bien organisé = une expatriation facilitée.

Comment as-tu pu gérer le début de ta grossesse aux Etats-Unis ?

J’ai découvert que j’étais enceinte 1 semaine avant de rentrer en France. C’était vraiment le destin que je rentre ! Je n’avais pas d’assurance santé aux USA, c’était beaucoup trop cher donc heureusement que j’avais prévu de rentrer sinon j’y aurais été contrainte…

Une très bonne amie a eu ses 2 enfants à Los Angeles, elle a une excellente assurance santé ce qui lui a permis de ne rien débourser : l’assurance coûte plus de $1000 par mois. Mais en regardant toutes les factures (grossesse + accouchement) cela revient à + $70 000.

Le système de santé est pour moi le gros point négatif des USA. Si vous partez avec des enfants il n’est même pas envisageable de ne pas en avoir. Il faut vraiment bien se renseigner sur les prix, les prises en charges, les copay…

Pourquoi es-tu rentrée ?

L’éloignement avec ma famille commençait à me peser. Je me suis séparée de mon mari il y a 1 an et demi, cela a été le moment le plus dur de ma vie. Même en étant à New York, ma famille a été ma bouée de sauvetage. Je me suis rendue compte par la suite que tous les moments que je ratais avec eux ne seraient jamais rattrapés…

Si c’est déjà fait, quelles ont été les difficultés que tu as pu rencontrer ?

J’ai de la chance d’être logée chez mes parents le temps de me retourner. Niveau administratif tout a été hyper simple. J’ai même trouvé un CDD en étant enceinte pour patienter jusqu’à mon congé maternité!

Comment as-tu gérer ce retour ?

J’étais très contente mais plus mon retour approchait plus je me demandais si je faisais le bon choix. Le doute n’a pas duré longtemps, car mon choix était le bon. Mais je crois que c’est un sentiment tout à fait normal.
Et ma famille est très contente que je sois rentrée !

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2 commentaires

  1. tania

    clairement je le savais c est une autre vie et une autre société
    suivant les personnes ce n est pas le même témoignage
    je vois certains français qui ont réussi à s intégrer et ont des amis américains
    c est super d avoir aussi ce type de témoigange tout n est pas rose dans l expatriation au Uxa
    le côut d un accouchement c pas mal dans le genre

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  2. Emmanuelle CM

    Je confirme que j’aime beaucoup cette série d’articles.
    C’est appréciable de lire un article sincère et qui ne montre pas uniquement le côté rêvé.

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