On approche à grands pas de la cinquième bougie pour mon activité de freelance. C’est une super nouvelle, sachant qu’à l’époque ce n’était pas encore aussi « trendy » qu’actuellement. Quand je disais que j’étais freelance, que je travaillais de chez moi on me regardait et me parlais un peu comme si j’avais du mal à trouver du boulot et qui gribouillait dans son coin en attendant d’obtenir le Saint des Saints… Le CDI !

En cinq ans, heureusement cela a beaucoup évolué ! On voit de plus en plus de plateformes mettant en relation des freelances et des entreprises pour des missions ponctuelles ou pour une longue durée, de collectifs de travailleurs indépendants, d’espaces de coworking… mais l’image que les français ont des travailleurs indépendants est plutôt négative, beaucoup sont encore dubitatifs sur ce qu’on peut bien faire tout seul dans notre coin, ou si on gagne vraiment de l’argent (et si oui comment).

J’vous fais un petit top 4 des réflexions qui reviennent toujours :

#1 : « Bah, tu ne veux pas avoir un vrai travail ? »

Cette réflexion je l’ai depuis le début. Elle est toujours d’actualité, quel que soit le nombre d’années depuis que je suis freelance, quels que soient mes clients, mes missions, ou même mes revenus. C’est impressionnant. Ça ne s’arrête PAS. Ça ne s’est même pas calmé !

Il faut dire qu’on nous bassine tellement avec l’image du travail parfait en CDI, comme s’il s’agissait d’une obligation. Si t’as pas de CDI, prends un Curly ou refais ta vie. Non mais sérieusement, de nos jours on ne compte plus le nombre de témoignages de personnes qui ont décidé de faire des VAE, des réorientations, de nouvelles formations, de quitter leur entreprise pour une nouvelle parce qu’elles s’ennuient, ou qui ont choisi de quitter Paris pour la Vendée ou d’autres villes et régions bien moins peuplées, trouver un équilibre work / life… mais on ne peut pas penser au statut ou au format même du travail ? Le CDI c’est pas automatique, zut, ça ne rime pas. Mais c’est pourtant vrai !

Dans la tête des gens : Un CDI = sécurité.

Je ne remets pas en question la sécurité que ce type de contrat apporte, bien au contraire, c’est tellement plus facile de trouver un logement avec un CDI, de faire des emprunts, etc. Mais CDI veut dire aussi que tu travailles pour quelqu’un d’autre, tu n’es pas décisionnaire (sauf si tu fais partie des N++, décisionnaire and co), tu acceptes les règles du jeu de ton employeur, tu travailles pour lui, en gros tu fais ce qu’il veut : horaires, activités, évolution du travail, dates des congés. Bien sûr, tu peux négocier avant de signer, puis attendre le RDV mensuel avec ton N+1, lui dire quelles sont tes envies dans ton travail (tous sujets confondus : les activités, l’évolution, le budget, les outils…), espérer les obtenir, mais il y a des standards qui s’appliquent et qui ne dépendent pas de toi ou de tes envies. C’est comme l’évolution du poste dans la hiérarchie de l’entreprise, si celle-ci le permet bien entendu (et cela va surtout dépendre de la taille de l’entreprise).

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Illustration : Mathou

#2 : « Du coup… t’as pas vraiment moyen d’évoluer dans ton taff ?! »

Hum, celle-là est compliquée parce qu’on peut la comprendre comme on le veut finalement.

D’un côté, si l’on reprend le format du travail standard, dans une entreprise, en CDI. On peut (théoriquement) évoluer dans la hiérarchie : passer de N-5 à N-4, N-3bis, etc. Certes, là je parle d’une entreprise de type grosse ou moyenne, parce que dans une start-up il n’y aurait pas la même évolution possible non plus. Souvent d’ailleurs, pour évoluer il faut changer d’entreprise… mais on en reviendrait à mon commentaire du #1.
En gardant cette idée, on peut évoluer en travaillant avec d’autres freelance, en créant un collectif, en changeant le statut de la société, passer d’AE à EI, ou même créer une SCOOP ou un SA ou SAS par exemple. On peut s’associer, faire évoluer son offre, son staff…

D’un autre côté, ce qu’on entend par évolution est très personnel, on peut parler du statut, du salaire, de l’apprentissage, et d’autres éléments encore.

  • Concernant le salaire, on peut faire évoluer ses tarifs en fonction de son expérience, créer des offres, etc.
  • Concernant l’apprentissage, je trouve qu’on apprend beaucoup en étant freelance. Déjà on découvre le fonctionnement de l’offre et de la demande, mais aussi de la réalité à propos du fonctionnement d’une entreprise (paperasse, taxes, bénéfices, etc), on fait de la relation clientèle, du conseil (que cela fasse partie de notre offre ou non d’ailleurs), on peut toujours se documenter et s’éduquer sur de nouvelles pratiques et actualités du domaine (via les MOOCs, les webinars, les rencontres pro, etc).
  • Et je ne parle même pas de ce qu’on apprend sur soi-même (adaptation, humour, dire oui, dire non, se mettre en avant, pouvoir décisionnaire, organisation, et j’en passe).

#3 : « Je ne pourrais pas faire ça moi… je n’aime pas être seule, et j’ai trop besoin de parler avec des collègues. »

Cela n’a jamais été un sujet qui m’inquiétait. Vraiment jamais. J’ai toujours préféré travailler de chez moi plutôt que dans les locaux de la société (que ce soit en CDI ou en freelance), pour une question d’efficacité. Entre les open space où on entend beaucoup trop les uns et les autres (téléphone, pianotage au clavier, rire, chaise qui grince, musique, blague, etc) ou justement les bureaux trop fermés dans lesquels on n’ose pas entrer de peur de déranger les collègues… je n’ai jamais été véritablement à l’aise, préférant cacher les bruits ambiant pour me concentrer grâce à mes écouteurs, m’évader ou me motiver via la musique que j’écoute, et en contactant les collègues via les outils comme Skype, Slack ou autres.

Concernant les relations humaines, les échanges, les discussions… il y a d’autres solutions. Déjà, parler régulièrement avec les clients, ou d’autres freelances qui vivent cette situation également.

Mais ce n’est pas tout, aujourd’hui il existe des espaces de coworking pour justement rencontrer d’autres freelances, pouvoir échanger, travailler auprès d’autres gens et ne pas rester seul(e) dans son coin. On peut aussi emporter le pc portable et filer dans un pub ou un café, se connecter au WIFI et basta.
J’ai déjà testé, j’aime beaucoup, mais cela dépend vraiment des missions que j’ai et des clients. Je m’explique, certains clients font signer des contrats de confidentialité disant qu’on n’a pas le droit de parler d’eux ou de ce qu’on fait pour eux. Ce n’est pas forcément compatible avec des espaces communs et ce ne sont pas des projets dont on peut parler.
Par contre il y a d’autres projets qui nécessitent justement d’autres compétences, et ces espaces de coworking sont super pour cela. Pour faire des rencontres pro, découvrir des profils complémentaires avec lesquels on peut être amené à travailler plus tard. Mais aussi se faire des amis, et papoter comme on le ferait avec des collègues au bureau, ramener des gâteaux, boire un café ou un thé en papotant…

D’ailleurs je n’ai pas encore testé les espaces de coworking de Cambridge ! J’ai prévu d’aller en découvrir dans les prochaines semaines.

#4 : « Vu que je tu ne bosses pas vraiment t’as pas besoin de vacances. »
ou dans le même genre : « Ton mec doit être content puisque t’es là, tu peux faire les courses, le ménage et même le linge ! »

(cliquez pour aller à la source ;))

Image : CHALVIN pour CREADS

Là c’est une question de flexibilité, mais aussi d’organisation. Je peux aisément m’octroyer une demie journée, bon cela dépend réellement de la charge de travail du moment. Mais comme je le disais dans un article précédent sur ma nouvelle routine, j’ai une vue d’ensemble sur les projets en cours sur un mois, ce qui me permet d’être plus flexible et d’adapter ma charge de travail à mes envies et besoins. Cela est vraiment top si j’ai besoin de prendre un RDV chez le dentiste par exemple, ou d’aller faire quelques emplettes, etc.

C’est un peu la même chose concernant le travail le week-end ou les jours fériés.
Bon les jours fériés c’est encore un autre sujet, car cela dépend du pays dans lequel on vit et celui des clients… Cela peut rapidement s’avérer être une belle gymnastique, j’vous laisse regarder les jours fériés en Angleterre, en France, aux Etats-Unis, et en Russie. Spoiler alert, je n’ai pas eu de jours fériés en Mai. XD.

Et vous, « collègues » freelance, quelles sont ces phrases que vous entendez en boucle ?

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3 commentaires

  1. Ecribouille

    J’aime quand tu parles des coworkings et de la confidentialité. Il m’arrive de fréquenter des coworkings surtout quand je suis en déplacement, entre deux rendez-vous ou lorsque mon rendez-vous est loin et que je dois occuper autrement le reste de la journée.
    Je suis souvent effrayée par les discussions très sensibles que peuvent avoir mes voisins de coworking, et à haute voix.

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  2. marion

    Je crois que c’est la dernière qu’on me répète le plus souvent. Les gens s’imaginent que parce qu’on bosse de la maison, on est dispo tout le temps et on passe notre temps à dormir.

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  3. Gabrielle

    Hello Adrienne ! J’ai bien ri en lisant cet article ! Je crois que celle que j’entends le plus est la 3ème : le fait d’aimer voir des collègues, « est-ce que tu ne te sens pas seule » ? C’est drôle, parce que pour moi c’est vraiment l’avantage numéro 1 du fait d’être freelance (avec le fait que je peux « déménager » mon activité professionnelle n’importe où, pratique quand on a le virus de l’expatriation et un mari universitaire qui peut trouver un job n’importe où ;) ). Je suis quelqu’un de très sociable, mais à petite dose, et qui a besoin d’énormément de calme et de solitude, sinon je deviens vite épuisée par l’interraction constante avec les gens. J’ai travaillé 6 ans en entreprise dans des bureaux et c’était vraiment l’aspect qui me pesait le plus avec l’inflexibilité des horaires et les transports en commun. Comme toi, je discute avec mes clients, avec d’autres freelance, je vois mes amis en dehors du boulot quand j’en ai envie et cela me convient bien ! Mais je pense que c’est réellement une question de personnalité : certaines personnes ont besoin d’être constamment entourées pour recharger leurs batteries, et d’autres (comme moi) ne peuvent le faire que lorsqu’elles sont seules. J’ai lu un livre super qui m’a appris énormément à ce sujet, et surtout sur moi-même : « Quiet », de Susan Cain. Ce livre m’a ouvert les yeux, je le conseille à tous ! Super article en tout cas, j’aurais contribué avec mon petit commentaire ;) Gabrielle

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