Cela fait un moment que je n’avais pas participé au RDV #HistoiresExpatriées organisé par Lucie du blog L’occhio di Lucie. Il s’agit d’un rendez-vous mensuel, où l’on parle d’un sujet précis autour de la vie à l’étranger. Pour l’édition du mois d’octobre, le thème a été choisi par Kenza du blog Cups of English Tea est : « les relations sociales ».

Je vais donc vous parler de mon expérience des relations sociales en Flandre et en Angleterre.
En Flandre nous sommes restés un an, mais nous pensions y rester potentiellement plus longtemps, et nous sommes en Angleterre depuis presque un an désormais et nous comptons vraiment y rester.
Je précise cela parce que je trouve qu’en fonction du temps qu’on compte rester quelque part nos relations sociales changent. On ne cherche pas la même chose lorsqu’on sait qu’on va rester 6 mois que lorsqu’on est amenés à rester et s’installer pour une période plus longue.

En Flandre (Belgique néerlandophone)

Ah la Flandre et ses magnifiques villes comme Gand c’était magnifique ! J’ai vraiment adoré découvrir la culture de cette région. Mais aussi la langue !

Dès notre arrivée nous avons commencé à apprendre le néerlandais, grâce à des manuels notamment. Au moins le minimum dans un premier temps en attendant de prendre de vrais cours. Il s’est avéré que je comprenais lorsqu’on me parlait, le néerlandais ressemblait un peu à un patois allemand que l’on parle dans ma famille. Je comprenais mais j’avais beaucoup de mal à parler en flamand, tout ce qui me venait à l’esprit était de l’allemand. Alors nous avions décidé de prendre des cours, mais le temps de faire les papiers, les tests d’entrée, de recevoir le devis, … finalement nous étions déjà partis ! Quoiqu’il en soit nous apprenions par nous-même, et mon mari se débrouillait très bien pour parler (beaucoup moins pour comprendre).

Ainsi au niveau des interactions sociales, j’en avais surtout avec les propriétaires de notre logement ainsi qu’avec nos voisins qui sont devenus de véritables amis et supports durant cette période. Nous parlions en français et en flamand avec eux, ils étaient vraiment sympathiques et prenaient le temps de nous aider avec la langue, de corriger nos phrases, notre prononciation. Tout ça avec de bons apéros ! :]

La langue a été une véritable barrière, pas tant le fait de se faire comprendre, mais plutôt sur le fait de bien vouloir nous comprendre. Je m’explique plus clairement : nous avons vraiment ressenti un rejet parce que nous parlions français. C’était assez perturbant de voir comme les flamands faisaient mine de ne pas parler français jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’on était français et non wallons. Là, beaucoup devenaient totalement bilingues !

Ainsi forcément nos relations sociales étaient un peu biaisées, parce qu’il fallait faire rapidement comprendre que nous étions français (de France) et non Wallons, et cela en flamand. C’était LA phrase que nous répétions tout le temps… Une fois cette appréhension passée, et que les interlocuteurs avaient compris que nous étions français, il devenait un peu plus facile de parler (moitié français, moitié flamand), et là on avait droit à un interrogatoire sur notre venue ici, pourquoi on habitait là, combien de temps est-ce qu’on comptait rester. Par contre tous étaient impressionnés (touchés ?) qu’on essaie toujours de parler en flamand et non choisir la facilité de parler en français, même lorsque nos interlocuteurs le parlaient.

Mais c’était assez fatiguant d’avoir constamment ce sentiment de devoir nous justifier. Finalement la vie en Belgique nous semblait très « concentrée », il fallait toujours aller à l’essentiel, les gens n’avaient pas le temps, étaient toujours pressés, occupés, inquiets de la circulation aussi.

Du coup, mis à part nos voisins et quelques collègues néerlandophones de Wil, nous n’avons pas vraiment tissé d’autres liens amicaux. Il faut dire que nous n’y étions qu’un an, c’est passé plutôt vite.

En Angleterre

Notre démarche est différente puisque nous voulons rester en Angleterre, et dans cette ville précisément. Notre but n’est pas de repartir d’ici 6 mois, donc cela se ressent aussi dans nos relations sociales. Nous ne cherchons pas des amis « à courte durée » avec lesquels faire telle ou telle activité parce qu’on veut « en profiter tant qu’on peut », comme ce que j’ai pu faire lors de mes études. Je ne suis pas restée longtemps dans les différentes villes où j’ai étudié, du coup je rencontrais de nouvelles personnes mais nous savions que cette proximité quotidienne n’allait durer qu’un temps et qu’au bout de X mois nos chemins se sépareraient. Il « fallait » en profiter.
Quand on s’installe pour rester, bien entendu il faut également « en profiter », mais on sait qu’on a plus de temps pour découvrir, faire telle ou telle activité.
On a créé des liens avec des collègues de Wil, forcément. Mais aussi via nos clubs de sport, ou même dans la ville. Par exemple, de mon côté j’ai un binôme de langue : il s’agit d’un anglais qui a vécu 15 ans en France et qui est de retour en Angleterre, il souhaite continuer de travailler son français et moi d’améliorer mon anglais. Donc on se voit, on prend un café, on papote, on s’écrit souvent également. Il y a également une communauté francophone, et on les rejoint de temps à autres pour boire un verre ou manger un morceau. On a lié de vrais amitiés également, on se fait des soirées papotage / sorties (films, balades) aussi.

En Angleterre il y a également beaucoup de MeetUp, ce sont des moyens très pratiques pour sortir et rencontrer du monde. Mais de manière globale je trouve qu’il est très facile d’aborder des gens ici, de commencer des discussions et de papoter un peu. Il y a toujours quelque chose à fêter et de bonnes raisons pour aller boire un verre au pub ! C’est plus compliqué de poursuivre la relation ensuite, mais c’est une autre histoire.

Cette facilité de parler avec des gens a aussi ses particularités comme le fait qu’ils emploient facilement des surnoms du type « my love » ou « sweetheart », c’est tout à fait normal d’entendre « have a good day sweetheart ». J’ai beaucoup de mal à m’y habituer, j’ai toujours un petit moment d’hésitation lorsqu’on m’appelle ainsi.

Ainsi pour résumer :

En Flandre j’ai remarqué que les gens restent beaucoup chez eux, ils vont à des gros événements mais restent assez « entre eux ». Il y a la barrière de la langue qui peut être assez gênante.
Alors qu’en Angleterre les gens aiment sortir, boire un verre ailleurs que chez eux. Cela facilite beaucoup les rencontres et les premiers échanges, mais pour créer de vrais liens c’est plus compliqué.

Nous verrons bien ce que cela donne dans les prochains mois !

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8 commentaires

  1. Lucie

    Ca me manque les « love », « sweetheart » qu’on entend partout en Angleterre !!! Ils ne disent pas ça en NZ (sauf quand on tombe sur des anglais et il y en a beaucoup!). C’est intéressant ce que tu racontes sur Belgique, je ne pensais pas que français de France vs Belge francophone faisait une telle différence, c’est triste…

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  2. Amélie et Laura

    Ah l’apéro est un briseur de barrières international!
    On avait développé une théorie sur le fait de faire rentrer plus facilement dans le noyaux dur de l’amitié. Plus on va dans les endroits ou la pluie fait souvent loi, plus les gens sont enclins à s’inviter les uns chez les autres mais aussi à faire rencontrer leur groupe d’amis. Du coup tu mets à mal notre théorie, on va devoir se remettre à l’analyse thèse antithèse synthèse! aha
    Concernant les petits noms, on y a le droit en Italie aussi, c’est assez perturbant on le conçoit ;)
    Bonne journée sweetheart!

    Amélie et Laura

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    • MamzelDree

      Bien d’accord avec vous deux, plus la météo fait des siennes plus les gens se rejoignent pour picoler et socialiser XD !
      J’aime bien cette théorie qui se révèle plutôt vraie :)
      Bon dimanche !

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  3. Kenza

    C’est fou ce que tu racontes ! je pensais pas… y a un peu parfois la même chose ici « québécois ? non français de France » mais dans un bien moindre mesure…

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    • MamzelDree

      C’était assez incroyable j’avoue ! Heureusement qu’on essayait au maximum de parler le flamand donc on parvenait à faire comprendre que nous étions français et non wallons… et là miracle tout le monde parlait super bien français, on obtenait des sourires et tout. Vraiment c’était bizarre. On ne s’attendait pas à ça !
      Je ne savais pas que c’était tout de même aussi le cas au Québec !

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  4. tania

    franchement je ne pensais que c était comme ça
    très intéressant ton témoignage
    ça devait être chiant vraiment de se justifier sans arrêt comme ça
    bon désormais vs n avez plus ce pb

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  5. Fanny - Le jour où

    Ça fait 2 mois que je suis expatriée dans une petite ville de l’Essex. Les collègues de mon homme, les voisins et mon proprio sont sympas mais je ne les vois pas si souvent que ça. On va à un club de voile boire des coups le vendredi soir. Je tente des nouvelles activités comme le yoga. Les « my love » et autres petits noms surprennent effectivement au début. J’ai même eu un banquier qui m’a demandé si j’avais des trucs prévus ce weekend au moment d’ouvrir mon compte ! En fait, j’ai hâte de commencer mon nouveau boulot pour voir plus de monde.

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